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I Gonna to Tell you a Story

Amed, August 2015

 

 

 

Te considères-tu comme une artiste engagée ?

 

Il est très difficile de faire de l'art politique en Turquie. (Les différents moyen de lutte). C'est dernières années beaucoup de films réalisés par des kurdes ont été ignorés par le gouvernement. C'est très difficile de créer avec la censure et les pressions du gouvernement.

 

Quel est ton réalisateur kurde préféré ?

 

Peux-tu nous expliqué ce qui s'est passé durant l'attentat ?

 

(La gorges serrée)

Parfois je ne veux pas me rappeler…

 

Avant l'attaque nous étions à l'université en train de lire des magazines culturels. Nous étions tellement excités à l'idée d'allé écouter Dimitras. Il y avait une très bonne ambiance, tout le monde était plein d'espoir, et en chemin, je me souviens, nous avons croisé des jeunes mariés. Moi je devais partir assez tôt du meeting car je devais me rendre à Ankara pour le mariage de mon cousin.

Il y avait tellement de monde, c'était rempli, et au moment de partir, il y avait deux chemins possible. L'un était de passé là où il y avait le moins de monde mais la route était plus longue, le plus cours chemin était le plus bondé. Mon amie me dit d'éviter la foule et de prendre le chemin long. Je dis non, je voulais prendre le chemin le plus court. Et la bombe explosa.

Avant ça au milieu de la foule, j'avais du mal a respiré et j'ai hésité à faire demi tour et retourné en arrière. Mais je me suis dit à moi-même, non je dois passé par là. Les Kurdes sont têtus. Je n'arrivais plus a avancé et à côté de moi il y avait un marchand de thé et pour reposé mes jambes et faire une pose je me suis assis sur la table, la bombe étais en dessous de cette table. Après c'est arrivé.

 

Qui a revendiqué l'attentat, quel groupe ?

 

ISIS avec l'aide du gouvernement.

 

Comment te sens-tu maintenant ?

Es-tu toujours engagé, as tu envie de faire d'autres films ?

 

Bien sur, je dois faire face. Ces événements et attentas sont fait pour t'impressionner. Si tu es un artiste tu dois lutter en faisant des films, si tu es journaliste tu fais ce que tu as a faire. Je garde mon activisme et encore plus fort.

 

J'ai passé passé du temps avec les jeunes révolutionnaire Kurde du YGD-H ? Ils luttent avec des armes et beaucoup meurent. As-tu un message a leur dire ?

 

Lorsque tu vas a un meeting ou que tu décides de jeté des pierres sur la police, tu te dis que tu peux mourir.

 

Mais ces jeunes n'ont pas de pierre mais des armes…

 

…nous nous battons, nous luttons maintenant pour le futur de nos enfants. Nous avons une idéologie et des idées. Si je vois ces jeunes, ils savent que c'est leur chemin de lutte, ils savent que si ils luttent avec des armes, ils risquent de mourir. Le gouvernement nous poussent vers cette voie vers la lutte, il n'y a pas de choix pour notre peuple et notre terre. Si je les voix je leur dirais qu'aucune balle ne tuera vos idées.

 

Alors tu penses que ce combat ne peux être gagné sans les armes?

 

C'est possible de gagner d'une manière pacifique mais le gouvernement et les pouvoirs ont peur de la voie pacifique. Ils ne peuvent s'en débarrasser. Ils gagnent énormément de chose de cette guerre. Tu sais entre le gouvernement et le PKK, il y a eu des rencontres et des accords entre Adullah Ocelan le leader du PKK et le gouvernement. Apres ça ils ont vu que la guerre pouvait être réglé d'une autre façon mais ils ont compris que ce n' étais pas bon pour eux. C'est pour ça que depuis longtemps ils nous forcent à nous battre et l'année 2015 redeviens une année de guerre sale.

 

Comment vois-tu le futur politique de la Turquie ? As-tu un pronostic pour les prochaines élections du 1er Novembre ?

 

Je pense que le résultat des votes sera le même que le 7 juin, le HDP aura encore plus de dix pour cent des votes. Erdogan continuera sa politique dictatoriale et les gens, les turcs et les kurdes ne voudront plus d'Erdogan. Après l'attentat de Diyarbakir beaucoup de gens ont donné leur vote aux HDP, beaucoup de turcs et de kurdes ont changé leur votes. Et après l'attentat de Suruç peut-être qu'ils en donnerons encore plus. HDP gagnera encore mais si Erdogan choisit encore de faire la guerre comme aujourd'hui, je penses que tout le monde devra prendre les armes et que cette guerre ne restera pas uniquement aux sommets des montagnes mais gagnera le centre des villes. Comme maintenant mais plus encore. Ce combat ne concerne pas seulement la communauté kurde mais tout les turcs et les autres, Arménien et toutes les minorités.

 

Si un jour le HDP devient le premier parti de Turquie, quel est le premier changement que tu proposerais?

 

Je libèrerais tout les prisonniers politiques.

Beaucoup de prisonnier m'écrivent depuis la prison.

Et tu leur réponds ?

J'ai envoyé une lettre à mon cousin en prison pour lui raconté comment j'avais perdu mes jambes. Il a lu cette lettre a beaucoup de prisonnier politique qui m'ont ensuite écrit, je suis devenu comme un symbole d'espérance solide. Parce que pendant l'explosion j'ai du lutté pour me relevé et resté en vie et pour eux cela représente une leçon, un exemple.

 

J'ai reçu une lettre qui commençait par « je vais te raconter une histoire ». Dans les montagnes un combattant du PKK se battait contre les soldats turcs. Un de ses amis était gravement blessé, il était obligé de l'abandonner là, les jambes recouvertes de neige. Il l'a laissé là avec un sac de sucre et un sac de couchage. Le blessé fit juré à son ami qu'il viendrai récupérer son corps. Son ami fit juré au blessé qu'il vivra. Il reviens des semaines plus tard avec des outils pour brûler les corps pensant qu'il était mort mais il le trouva en vie.

Il perdu ses jambes car elles étaient sous la neige.

 

Quand j'ai lu cette histoire, je me suis dit que je la connaissait car c'était la même que la mienne. Son noms est Zinden est c'est ton frère car vous n'abandonnez pas la lutte.

 

Interview de Lisa Çalan

Amed, August 2015

 

 

Lettre d'un prisonnier politique à Lisa Çalan.

Lisa Calan est une jeune réalisatrice militante de Amed, Turquie. Elle est une survivante de l'attentat du 7 juin 2015 dans cette même ville d'Amed, elle y a perdu ses deux jambes. Depuis elle entretient des correspondances écrites à travers tout le pays et la communauté kurde de Turquie. Elle est devenue malgré elle un symbole de lutte et de résistance. Voici l'une de ses lettres préférée qu'elle a reçu d'un prisonnier politique.